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Frais d’assurance-vie : lesquels payer et comment les réduire ?

Deux assurances-vie peuvent proposer exactement les mêmes placements, mais ne pas vous laisser le même capital au bout de vingt ans. Pourquoi ? Parce que les frais prélevés chaque année réduisent l’argent qui reste investi. Cette différence peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée.

Le problème, c’est qu’une assurance-vie ne comporte pas un seul type de frais. Certains sont prélevés lorsque vous versez de l’argent. D’autres reviennent chaque année. Et si vous investissez dans des fonds ou des ETF, leurs propres frais peuvent s’ajouter à ceux du contrat. Pour bien comparer deux assurances-vie, il faut donc regarder tout ce que vous payez, pas seulement le tarif mis en avant par l’assureur.

Si vous découvrez cette enveloppe, notre guide sur le fonctionnement de l’assurance-vie vous permettra d’en comprendre les bases.

Quels sont les frais d’une assurance-vie ?

Les frais dépendent du contrat, de la manière dont vous gérez votre épargne et des supports choisis. Tous les assureurs ne facturent pas les mêmes opérations. Voici les principales catégories à connaître.

Type de fraisQuand sont-ils prélevés ?Ce qu’ils changent
Frais de dossier ou d’adhésionÀ l’ouvertureUn coût ponctuel pour souscrire
Frais sur versementQuand vous ajoutez de l’argentUne partie du versement n’est pas investie
Frais de gestion du contratTout au long de la détentionIls réduisent la performance de votre épargne
Frais des unités de compteIntégrés au fonctionnement des supportsIls diminuent leur performance
Frais d’arbitrageQuand vous changez de supportsIls peuvent rendre les changements de répartition coûteux
Frais de gestion pilotéeSi vous choisissez ce serviceUn coût supplémentaire peut s’ajouter
Frais de rachatLors d’un retrait, selon le contratIls peuvent réduire la somme récupérée

Ces frais ne sont pas tous obligatoires. Certains contrats affichent par exemple 0 % de frais sur versement et proposent des arbitrages gratuits. En revanche, l’absence de frais d’entrée ne signifie pas que le contrat est gratuit.

Les frais sur versement : 10 000 € versés ne signifient pas toujours 10 000 € investis

Les frais sur versement sont les plus faciles à repérer. Vous déposez une somme sur votre assurance-vie et une partie est immédiatement prélevée.

Prenons un exemple. Vous versez 10 000 € sur un contrat qui facture 3 % de frais sur versement. Le calcul est simple :

  • 10 000 € versés sur le contrat ;
  • 300 € prélevés en frais ;
  • 9 700 € réellement investis.

Votre placement commence donc avec 300 € de moins. Et cet argent ne pourra pas produire de gains pendant les années suivantes.

Si vous alimentez régulièrement votre assurance-vie, vérifiez aussi les frais appliqués à vos prochains versements. Un contrat qui facture 3 % à chaque opération peut devenir coûteux pour quelqu’un qui épargne tous les mois.

Heureusement, les frais sur versement ne sont pas systématiques. Certains contrats n’en facturent pas. D’autres proposent des tarifs négociables, notamment en fonction du montant investi ou des conditions commerciales du distributeur.

Avant de souscrire, il est donc utile de comparer plusieurs offres et de demander si ces frais peuvent être réduits.

Les frais annuels : pourquoi une petite différence peut coûter cher

Les frais annuels sont moins visibles que les frais sur versement. Ils ne donnent pas forcément lieu à un débit sur votre compte bancaire. Selon les supports et le contrat, ils peuvent être prélevés directement sur l’épargne ou intégrés à la valeur des placements. Leur particularité est qu’ils reviennent année après année, même lorsque les marchés baissent. Et en réduisant le capital qui reste investi, ils diminuent aussi les gains que celui-ci pourrait produire à l’avenir.

Les frais du contrat s’ajoutent à ceux des fonds

Imaginons une assurance-vie qui facture 0,7 % par an pour gérer les unités de compte. Vous pourriez penser que votre coût annuel se limite à ce montant. Pourtant, si vous détenez un fonds d’investissement, celui-ci peut également supporter ses propres frais. Vous payez donc deux niveaux de coûts : ceux de l’assurance-vie et ceux des placements qu’elle contient.

Cette distinction est importante pour les fonds actifs, les supports immobiliers et les ETF. Un ETF peut avoir des frais internes relativement faibles, mais son coût total dans une assurance-vie dépend aussi des frais facturés par le contrat.

Attention toutefois à ne pas compter deux fois les mêmes frais. Les performances publiées par les fonds sont généralement déjà diminuées de certains coûts internes. Pour connaître la performance réellement obtenue dans votre assurance-vie, il faut identifier les frais déjà déduits et ceux qui restent à supporter.

Exemple : plus de 25 000 € de différence sur vingt ans

Prenons deux placements fictifs pour mesurer l’effet des frais. Vous investissez 100 000 € pendant vingt ans sans effectuer de nouveau versement ni de retrait. Dans les deux cas, nous supposons une performance constante de 5 % par an avant l’ensemble des frais.

La seule différence concerne le coût annuel total, en réunissant dans cette simulation les frais du contrat et ceux des supports :

Situation ASituation B
Capital de départ100 000 €100 000 €
Rendement annuel avant frais5 %5 %
Frais annuels totaux0,6 %1,2 %
Rendement annuel net de frais retenu4,4 %3,8 %
Capital après 20 ans≈ 236 600 €≈ 210 800 €

Avec seulement 0,6 point de frais annuels supplémentaires, la différence atteint environ 25 800 € au bout de vingt ans.

Pourquoi un tel écart ? Parce que les frais supplémentaires sont prélevés chaque année. L’argent ainsi perdu ne peut plus produire de gains pendant les années suivantes. C’est l’effet de la capitalisation mais dans le mauvais sens.

Cette simulation sert uniquement à illustrer le mécanisme. Elle utilise une soustraction simplifiée des frais au rendement, sans fiscalité, frais ponctuels ni variation annuelle de performance. En réalité, les marchés fluctuent et les coûts ne se calculent pas toujours de cette manière. Les montants présentés ne constituent donc pas une prévision de rendement.

Arbitrages, gestion pilotée et retraits : les autres frais à vérifier

Au-delà des frais annuels, certaines opérations peuvent également coûter de l’argent. Leur importance dépend surtout de la manière dont vous comptez utiliser votre assurance-vie.

Les frais d’arbitrage

Un arbitrage consiste à déplacer de l’argent d’un support vers un autre sans le retirer du contrat. Par exemple, vous pouvez transférer une partie de votre épargne d’un fonds en euros vers un ETF.

Certains contrats proposent des arbitrages gratuits. D’autres facturent un montant fixe ou un pourcentage de la somme déplacée.

Si vous changez rarement vos placements, ces frais peuvent avoir peu d’importance. En revanche, si vous effectuez plusieurs arbitrages par an, ils peuvent finir par peser sur votre résultat.

Les frais de gestion pilotée

Avec la gestion libre, vous choisissez vous-même les supports de votre assurance-vie. Avec la gestion pilotée, vous confiez ces décisions à un professionnel selon votre profil et les modalités prévues. Ce service peut être pratique mais il peut aussi ajouter des frais à ceux du contrat et des supports. Il faut donc vérifier ce qu’il coûte réellement et ce qu’il apporte.

Une gestion plus chère n’est pas automatiquement meilleure. Et une gestion moins coûteuse ne garantit pas non plus de meilleurs résultats. Le choix dépend de vos connaissances, du temps que vous souhaitez consacrer à votre épargne et du service proposé.

Les frais de rachat

Certains contrats prévoient également des frais ou indemnités lorsque vous retirez de l’argent. Ils sont moins fréquents que les frais de gestion mais il faut vérifier leur existence avant de demander un rachat.

Ne les confondez pas avec les impôts. Un retrait peut être gratuit du point de vue des frais du contrat tout en entraînant une imposition sur les gains retirés. Pour les démarches et les conséquences d’une clôture, consultez notre guide sur le retrait d’une assurance-vie.

La différence entre frais et fiscalité est également importante lorsque vous comparez plusieurs contrats. Une assurance-vie coûteuse et une assurance-vie bon marché peuvent relever des mêmes règles fiscales. Notre guide sur la fiscalité de l’assurance-vie après huit ans détaille ce sujet.

Où trouver les frais réels avant de souscrire ?

Pour comparer deux assurances-vie, inutile de se limiter à leur publicité. Les établissements doivent fournir des informations sur les frais de leurs contrats. Des documents standardisés permettent aussi de retrouver les coûts des supports proposés.

Vous pouvez notamment consulter :

  • Le tableau des frais du contrat accessible sur le site de l’assureur ou du distributeur. Il récapitule notamment les frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage et de sortie.
  • La documentation contractuelle qui détaille les conditions applicables aux versements, aux opérations et aux différentes options.
  • Le document d’informations clés (DIC) qui présente notamment les risques et les coûts du produit concerné.
  • Les informations sur les unités de compte pour connaître les frais propres à chaque support et les performances présentées après déduction des coûts indiqués.

Le DIC permet de mieux comprendre les caractéristiques d’un placement. L’AMF explique les informations qu’il contient et son rôle dans la comparaison des produits financiers.

Les informations réglementaires sur les unités de compte permettent également de distinguer les frais du fonds et les frais du contrat. Elles présentent notamment les frais totaux et la performance après déduction de ces différentes catégories. C’est ce que prévoit le Code des assurances.

Un dernier point mérite votre attention : un rendement annoncé n’est pas toujours présenté avant ou après les mêmes frais.

Le rendement communiqué pour un fonds en euros est généralement net des frais de gestion prélevés sur ce support mais avant les prélèvements sociaux et fiscaux. Pour une unité de compte, la performance affichée peut être nette des frais internes au fonds sans tenir compte des frais du contrat.

Avant de comparer deux rendements, vérifiez donc ce qui a déjà été déduit. Sinon, vous risquez de comparer deux chiffres qui ne représentent pas la même chose.

Comment réduire les frais d’une assurance-vie déjà ouverte ?

Vous avez découvert que votre contrat coûte plus cher que d’autres assurances-vie ? Cela ne signifie pas qu’il faut immédiatement le clôturer.

Commencez par identifier ce qui pèse vraiment sur votre épargne. Si votre contrat facture des frais sur versement, vous pouvez vous renseigner sur une éventuelle négociation ou envisager de ne plus l’alimenter dans les mêmes conditions. Si vous détenez des fonds coûteux, regardez si votre assurance-vie propose des supports moins chargés en frais qui correspondent à vos objectifs. La même logique s’applique à la gestion pilotée : vérifiez si le service rendu justifie son prix.

Vous pouvez aussi limiter les arbitrages inutiles lorsqu’ils sont facturés. Et si votre contrat ne répond plus à vos besoins, comparer d’autres assurances-vie peut être pertinent. Mais un ancien contrat peut conserver des avantages, notamment son ancienneté fiscale ou certaines garanties. Un rachat total y met fin. Avant de prendre cette décision, il faut donc comparer les économies de frais attendues avec ce que vous pourriez perdre en clôturant le contrat.

Enfin, les frais ne sont pas le seul critère de choix. La qualité des supports, les garanties du fonds en euros, les risques pris, les possibilités de retrait et les services proposés comptent également. Entre deux contrats réellement comparables, les frais peuvent toutefois faire une grande différence.

Avant de souscrire ou de modifier votre assurance-vie, réunissez trois éléments : le tableau des frais du contrat, les documents des supports dans lesquels vous souhaitez investir et une estimation de leur coût annuel total. Vous pourrez alors comparer les offres sur une base plus solide que leur seul rendement affiché.

Ce contenu est fourni à titre pédagogique et ne constitue pas un conseil financier, fiscal, juridique ou patrimonial personnalisé. Les frais dépendent du contrat, des supports choisis, des options de gestion et des opérations effectuées. Les simulations présentées sont fictives et ne constituent pas des prévisions de rendement. Avant toute souscription ou modification importante, consultez la documentation contractuelle et tarifaire applicable à votre situation et, si nécessaire, rapprochez-vous d’un professionnel qualifié.